A 62


De rekeningen van de stad Brugge (1280-1319). Tweede deel (1302-1319), derde stuk, uitgegeven door C. Wyffels †, met de medewerking van A. Vandewalle. Indices door Katrien Vandewoude, met de medewerking van Maurice Vandermaesen en Stijn Meersseman, Bruxelles, Commission royale d'Histoire, 2020, 338 p., ISBN 978-2-87044-018-6 (collection in-4°, A62). Prix: 40 €. .


C 29

Claire Billen & Marc Boone

Bans et édits pour la ville de Tournai en temps de peste (1349-1351) – Les transcriptions retrouvées de Frédéric Hennebert, Bruxelles, Commission royale d'Histoire, 2021, 211 p. (collection grand in-8°, C29). Prix: 23 € (ISBN 978-2-87044-019-3)

Résumé - La découverte, parmi les manuscrits de la Bibliothèque de l’Université de Gand, de transcriptions effectuées par Frédéric Hennebert (1837-1873), archiviste de la ville de Tournai, a permis de reconstituer les 30 premières pages du premier Registre aux publications du magistrat urbain, concernant les années 1349-1351. Ce document, disparu dans le bombardement de Tournai en 1940, informe sur les règlementations presque quotidiennes ayant régi la ville, face à une crise multiforme, dominée par l’irruption de la Peste Noire à l’été 1349.

Claire Billen (°1947) est historienne, professeure honoraire de L’Université libre de Bruxelles (centre de recherche SociAMM), où elle a enseigné l’histoire économique et sociale du Moyen Âge, l’histoire comparée des villes et l’histoire de l’environnement. Elle a également animé plusieurs équipes de recherche transdisciplinaires au sein de l’Institut pour la Gestion de l’Environnement et l’Aménagement du territoire (IGEAT) de l’ULB.

Marc Boone (Gand, 1955) est professeur ordinaire d’histoire médiévale à l’Université de Gand, université où il a obtenu son doctorat en 1987. Doyen de la faculté de Philosophie et lettres entre 2012 et 2018, professeur invité à l’Université de Bourgogne (Dijon), de Paris IV et à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (Paris), à l’‘Università degli studi di Milano’, titulaire de la chaire Francqui au titre Belge à l’ULB. Membre de la KVAB (Koninklijke Vlaamse Academie van België) et de l’Academia Europeae. Président du comité Pro Civitate (Académies royales) et de la Société d’histoire et d’archéologie de Gand. Champs de recherches : histoire urbaine, histoire politique et socio-économique du bas Moyen Âge, histoire bourguignonne.

C 30

René Wilkin, Bernard Wilkin & Christian Remy

Mémoires des campagnes de Jean Gheerbrant, maréchal des logis-chef au Xe régiment de hussards (1798-1808), Bruxelles, Commission royale d'Histoire, 2021, 259 p. (colletion grand in-8°, C30). Prix: 25 € (ISBN 978-2-87044-020-9)

Résumé - Le jeune Flamand Jean Gheerbrant quitte son village natal en 1798, appelé dans les armées de la République. Il passe un an à la poursuite des chouans normands. Dégoûté des marches incessantes, il déserte et entre dans le 10e hussards. Il parcourt alors la France, le nord de l’Italie, une partiAllemagnee de l’Espagne, sans combattre. Puis, c’est le séjour au camp de Boulogne. En septembre 1805, l’armée part pour l’. Lors de sa première bataille, à Wertingen, Gheerbrant capture un canon autrichien, ce qui lui vaut la Légion d’honneur. Il est à Ulm, entre à Vienne. Il est attaché à Murat comme aide de camp, mais demande bientôt à rejoindre son régiment. Il se distingue dans la défense de la ville de Wischau. Il assiste à la bataille d’Austerlitz. La paix conclue, il est cantonné en Allemagne. En 1806, la guerre reprend. A Iéna, Gheerbrant prend un drapeau prussien. Il participe à de nombreux combats jusqu’à ce qu’en 1808, il obtienne sa réforme. Il rentre alors au pays où il reprend le négoce paternel. Devenu bourgmestre de Wakken en 1821, il meurt en 1871.

René et Bernard Wilkin, père et fils, ont tous deux fait des études en histoire à l’Université de Liège. Bernard a, en outre, passé un doctorat à l’Université de Sheffield (Royaume-Uni). Après une carrière dans l’enseignement, René se consacre à des études dans le domaine de la numismatique et à des recherches sur la période française dans le département de l’Ourthe. Bernard est aujourd’hui chef de travaux aux Archives de l’État à Liège. Ils collaborent régulièrement et ont publié ensemble trois livres : Fighting for Napoleon, Fighting the British et Lettres de Grognards, La Grande armée en campagne, ainsi que divers articles d’histoire dans la presse périodique britannique.

Christian Remy est né à Malines en 1939. Il passe toute sa jeunesse et son adolescence à Bukavu, au Congo. Diplômé ingénieur civil des constructions en 1963 (UILv), il travaille dans le domaine du Génie civil jusqu’en 2014. La mère de son épouse, une descendante à la quatrième génération de Gheerbrant, détenait l’original de ses mémoires et en avait débuté la transcription, qu’il a achevée après son décès.

Bulletin de la Commision royale d’Histoire, 186, 2020, 197 p.

Bulletin de la Commision royale d’Histoire,  2019 (185), 319 p.

C 28

Karim Schelkens & Dirk Claes, eds. Gerard Philips

Dagboek van twee reizen in Belgisch Congo en Ruanda-Urundi (1957 en 1959), Brussel, Koninklijke Commissie voor Geschiedenis, 2019, 135 p. (reeks groot in-8°, C28). 17 €, isbn 978-2-87044-017-9

Résumé - Avec l’édition critique des carnets de voyage de Gerard Philips, une source historique unique devient accessible au public. Les cahiers de Philips témoignent des relations complexes existant dans la vie quotidienne du Congo belge et du Ruanda-Urundi à la veille de l’indépendance du Congo. L’auteur fut à la fois sénateur, universitaire et prêtre, faisant de son reportage de voyage un aperçu unique des relations entre les environnements politique, universitaire et ecclésiastique à l’époque coloniale, chose plutôt rare dans la littérature existante. En outre, ces notes couvrent l’histoire de deux voyages, en 1957 et en 1959, ce qui permet au lecteur de suivre de près l’évolution rapide de la politique coloniale belge, résultat du passage du gouvernement libéral socialiste Van Acker IV au cabinet Eyskens III. En même temps, cette édition témoigne de l’élan de la lutte d’émancipation congolaise à la fin des années 50. Les éditeurs ont ajouté à cette édition de texte une introduction historique détaillée et, dans le processus de l’annotation de la source, ils ont utilisé des documents non publiés provenant d’un grand nombre de collections d’archives.

Karim Schelkens (Lier, 1977) est professeur à l’Université de Tilburg et professeur invité à la KU Leuven, où il a obtenu son doctorat en 2007. Il mène des recherches sur l’histoire du mouvement œcuménique et concernant le domaine de la biographie académique. En tant qu’historien des religions, Schelkens a publié de nombreux ouvrages sur le Concile Vatican II et sur les mouvements de réforme du catholicisme européen moderne. En tant qu’auteur ou éditeur, il a publié une vingtaine de livres, parmi lesquels une édition critique des cahiers conciliaires de Gerard Philips.

Dirk Claes (Lommel, 1966) a fait ses études de théologie (histoire de l’Église et théologie) et d’histoire médiévale à la KU Leuven, où il a obtenu son doctorat en 2004 sur une étude de la faculté de théologie de Louvain dans la première moitié du XXe siècle. Il a travaillé comme chercheur à l’Université de Groningue et à la KU Leuven et a publié des articles sur l’histoire du corps professoral, des sujets d’histoire religieuse des XIXe et XXe siècles et des textes juridiques encyclopédiques de la fin du Moyen Âge. Actuellement, Claes est chargé de mission à l’archidiocèse de Malines-Bruxelles.

2018 (184), 406 p.


Claude Bruneel, Thérèse de Hemptinne & Guy Vanthemsche (eds.),

Fragments de guerre – Oorlogsfragmenten 1914-1918. Bulletin de la Commission royale d'Histoire, 184, 2018, 406 p.

C 27

José Eloy Hortal MuÑoz, África Espíldora García & Pierre-François Pirlet

El ceremonial en la Corte de Bruselas del siglo XVII. Los manuscritos de Francisco Alonso Lozano, Bruxelles, Commission royale d'Histoire, 2018, 271 p. (Collection grand in-8°, C27). ISBN 978-2-87044-016-2

Résumé - Depuis leur entrée dans les possessions de la Couronne espagnole, les Pays-Bas furent dirigés par des Gouverneurs généraux qui établirent leur Maison princière à Bruxelles. Au milieu du XVIIe siècle, cette habitude se transforma : les officiers ne furent plus associés, lors de leur désignation, à la Maison de tel ou tel Gouverneur mais bien à une Maison royale de Bruxelles. Cette pratique nouvelle témoigne d’un changement notable car, dès ce moment, la Maison royale de Bruxelles ne fut plus liée à une personne mais bien à un territoire.L’existence de cette nouvelle Maison - la seule qui fut érigée en Europe au cours du XVIIe siècle - appelait une justification théorique, à l’instar de ce qui se fit à Madrid durant le règne de Philippe IV (1621-1665). À cette époque, une codification exhaustive de l’Étiquette de la Maison royale, dont le périmètre devait s’étendre à l’ensemble des cours de la monarchie, fut couchée sur le papier. Les manuscrits de Francisco Alonso Lozano, dont nous proposons ici une édition, s’inscrivent dans ce contexte. Entre 1692 et 1712, cet auteur rédigea deux livres. Dans le premier, intitulé Plan ou Estat de la maison royale dans ces estats de flandres, est exposée la fonction de chacun des offices de cette nouvelle Maison royale. Le second, portant le titre de Notice de toutes les emplois de la cour et de la chapelle royale de Bruxelles, recensait les officiers et les rétributions (gages et rations) qui leur étaient allouées. L’édition de ces deux manuscrits représente une source de première importance pour la connaissance de la cour de Bruxelles durant le XVIIe siècle, à l’image de ce que représentent les Etiquetas Generales de Palacio réalisées à Madrid à la même époque.

José Eloy Hortal Muñoz (Madrid, 1974) est diplômé en Histoire moderne et contemporaine de l’Universidad Autonoma de Madrid (UAM), où il fut reçu docteur en septembre 2004 avec la mention Cum Laude. Depuis 2009, il enseigne à l’Universidad Rey Juan Carlos (URJC). Parmi ses travaux, l’on notera les monographies Las guardas reales de los Austrias hispanos (Madrid, 2013) et Los asuntos de Flandes. Las relaciones entre las Cortes de la Monarquía Hispánica y de los Países Bajos durante el siglo XVI (Saarbrücken, 2011). Il co-dirigea également des ouvrages collectifs tels que A Constellation of Courts. The Households of Habsburg Europe, (1555-1665) (Louvain, 2014) avec René Vermeir et Dries Raeymaekers ainsi que La Casa de Borgoña: la Casa del rey de España (Louvain, 2014) avec Félix Labrador Arroyo. Plus d’informations sur internet : www.joseeloyhortal.com

África Espíldora García (Toledo, 1960) est diplômée en Géographie et Histoire de l’Universidad Complutense de Madrid (UCM) en 1993. Pendant quelques années, elle travailla dans l’enseignement secondaire puis dans des bibliothèques (Museo de Santa Cruz de Toledo); ensuite, elle se consacra aux archives. Dans ce domaine, elle exerça comme technicienne spécialisée (Archivo Histórico de la Nobleza de Toledo – 1999-2001, 2008-2011) et comme responsable des archives centrales de plusieurs conseils du gouvernement de la Communauté autonome de Castilla-La Mancha (2001-2006). Depuis 2011, elle se consacre à la recherche. Pour l’instant, elle parachève l’édition d’un volume intitulé Francisco de Mendoza: un almirante por los caminos de Europa (1596).

Pierre-François Pirlet (Liège, 1982) est docteur en Histoire, Arts et Archéologie de l’Université de Liège depuis 2015. Il est collaborateur scientifique du Département des Sciences historiques de l’ULiège depuis octobre 2017 et membre de Transitions. Unité de recherches Moyen Âge & première Modernité. Oscillant entre Court Studies et histoire religieuse, ses travaux visent à réévaluer les formes et les modalités du pouvoir à la cour de Bruxelles durant le xviie siècle. Il a réalisé une thèse consacrée au confesseur du Prince dans les Pays-Bas espagnols (1598-1659), sous la direction du Professeur Annick Delfosse (ULiège), qui interroge la nature des liens entre les pouvoirs séculiers et religieux au sein de l’espace aulique. Cette enquête paraîtra prochainement chez Leuven University Press dans la collection Avisos de Flandes.

C 26

Christine Renardy

Le Livre des morts du Neufmoustier à Huy 1130-1787, Bruxelles, Commission royale d’Histoire, 2017, 270 p. (ISBN 978-2-87044-015-5) (Collection grand in-8°, C26).

Résumé - Dans les premières années du XIIe siècle, une communauté mixte s’est spontanément constituée dans un faubourg de la ville de Huy, probablement en mémoire du prêtre Pierre dit l’Ermite. Le 21 septembre 1130, l’évêque de Liège Alexandre Ier consacre l’église du Neufmoustier, qui vient d’y être construite. Il est prouvé que, dès ce moment, les religieux suivent la règle de saint Augustin. Le manuscrit du liber capituli de ce chapitre régulier est heureusement conservé, mais a souffert de détériorations. Conçu vers 1130, il a été complété au fil des siècles ; pour ce qui regarde sa partie nécrologique, jusqu’en 1787. Au Bas Moyen Âge, ce répertoire mortuaire compte de nombreuses données permettant d’enrichir nos connaissances en matière d’histoire urbaine, économique et sociale, mais aussi pour l’étude des mentalités, du culte et de la liturgie, sans oublier celle de l’orfèvrerie mosane. À partir de la fin du XVe siècle, les mentions se font en effet rares et épisodiques pour les laïcs – huit personnes seulement – le répertoire étant réservé de facto aux dignitaires et à quelques membres du chapitre hutois. La présente édition du "Livre des morts du Neufmoustier" est pour l’essentiel basée sur le manuscrit original conservé au Grand Curtius ; les lacunes provoquées par la perte de certains folios ont pu être en grande partie compensées par des copies réalisées par un chantre du chapitre à la fin du XVIIe siècle et conservées aux Archives de l’État de Liège (fonds du Neufmoustier).

Née le 6 février 1948, Christine Renardy a obtenu sa licence en Histoire à l’Université de Liège. Après avoir travaillé trois ans pour le compte de la Commission royale d’Histoire à la rédaction du "Nouveau Potthast" (Répertoire critique des sources narratives du Moyen Âge), elle est devenue en 1972 assistante des professeurs Fernand Vercauteren et André Joris au séminaire d’Histoire du Moyen Âge à l’Université de Liège. En octobre 1977, elle a défendu une thèse doctorale sur "Le monde des maîtres universitaires du diocèse de Liège jusqu’en 1350", publiée en deux volumes en 1979 et 1981. Nommée archiviste de la Ville de Liège en avril 1978, elle a dirigé ce service jusqu’en 2007, moment où les autorités communales lui ont confié la gestion de l’ensemble des collections relevant du patrimoine culturel. Enfin, en 2009, elle a été chargée de la coordination générale du département de la Culture et du Tourisme, poste qu’elle a occupé jusqu’à sa pension.

Patricia Van den Eeckhout & Guy Vanthemsche, eds.

Sources pour l’étude de la Belgique contemporaine, 19e-21e siècle, Bruxelles, Commission royale d’Histoire, 2017, 2 vol., 1844 p. (ISBN: 978-2-87044-014-8; prix: 64 €).

Notre société produit un flux incessant de documents, d’images et d’autres sources. Il n’est pas facile de maîtriser cette masse croissante d’informations. Ce livre se présente comme un « guide de voyage » dans ce dédale : il offre un aperçu systématique ainsi qu’une analyse critique des sources qui ont été produites en Belgique depuis le début du 19e siècle jusqu’à nos jours, tant par les institutions publiques que par les organisations privées. Il abord à la fois les sources d’archives et les documents imprimés et digitaux. De nombreux individus ont également produit des sources importantes ; cette production trouve également sa place dans le présent ouvrage, tout comme les sources non écrites (photographies, films, témoignages oraux, bâtiments, objets, cartes et plans).
Cet ouvrage inclut les sources les plus récentes. Il est donc un instrument de recherche indispensable, non seulement pour les historiens, les étudiants en histoire et les archivistes, mais également pour les journalistes, les documentalistes, les bibliothécaires et les chercheurs en sciences de la communication, en sociologie, en sciences politiques, en économie et en droit. 
Plus de 60 spécialistes, attachés à diverses universités et institutions de recherche et d’archives du pays ont apporté leur concours à l’élaboration de ce livre. Un index détaillé des noms de personnes, d’auteurs et de matières, établi par Stijn Meersseman, facilite l’utilisation de cet instrument de recherche.

Les éditeurs:

Patricia Van den Eeckhout enseigne l’histoire et la rhétorique politique à la Vrije Universiteit Brussel. Elle a publié sur l’historiographie de l’histoire sociale et sur l’histoire du logement social, des revenus ouvriers, de la consommation, de la publicité, du temps libre, des statistiques sociales, des contremaîtres, du commerce de détail (notamment Delhaize), du travail et des relations du travail, notamment dans l’horeca (voir entre autres "Waiters, Waitresses, and their Tips in Western Europe before World War I", in International Review of Social History, 2015, p. 349-378)
Guy Vanthemsche est professeur d’histoire contemporaine à la Vrije Universiteit Brussel. Il est un spécialiste de l’histoire sociale, économique et politique de la Belgique contemporaine. Il a consacré plusieurs ouvrages à ce sujet, notamment La Sabena et l’aviation commerciale belge 1923-2001, Bruxelles, De Boeck, 2001 et Belgium and the Congo 1880-1980, Cambridge, Cambridge University Press, 2012.

Bulletin de la Commision royale d’Histoire, 2017 (183), 254 p.

Bulletin de la Commision royale d’Histoire, 2016 (182), 419 p.

C 25

Alain Lottin

"L’Héraclée flamen et catholicque" par Frère Jean De Le Barre, religieux du monastère de la bienheureuse Vierge Marie à Loos-Lez-Lille. Tome 1: La guerre entre la France et l’Espagne et en Europe (1636-1649), Bruxelles, Commision royale d’Histoire, 2017, 371 p. (ISBN: 978-2-87044-012-4)

Résumé - L’Héraclée flamen (L’Hercule flamand): ce titre ésotérique est un hommage au comte de Bucquoy, vainqueur des protestants à Prague. Ce livre contient la transcription annotée et commentée du manuscrit 319 du fonds patrimonial de la bibliothèque municipale de Lille, intitulé l’« Héraclée flamen et catholicque », consacré essentiellement à la guerre franco-espagnole de 1636 à 1649 et à la guerre en Europe jusqu’aux traités de Westphalie (1648). Son auteur, Jean de le Barre, est un religieux cistercien de l’abbaye de Loos-lez-Lille, détaché comme père-confesseur à l’abbaye du Vivier à Wancourt près d’Arras. C’est là qu’à partir de 1636, il vit, aux avant-postes, la guerre « pépinière de tous maux », les invasions de l’Artois et la prise d’Arras (1640) par les Français. Après 1643, il se réfugie avec une partie des religieuses à Douai. Jean de le Barre, comme ses contemporains, pense que la guerre est un fléau de Dieu. La France et ses alliés hollandais, suédois, protestants allemands, conduits par la politique machiavélique de deux « monstrueux » ministres, Richelieu et Mazarin qui, pourtant cardinaux de l’Église romaine, subordonnent la religion à l’État. Pour lui Dieu ne peut avoir abandonné les Habsbourg de Madrid et de Vienne, remparts de la chrétienté contre « l’ennemi commun », les Turcs. Grande est sa déception de voir la guerre entre la France et l’Espagne continuer après la paix de Westphalie. L’auteur rapporte les combats, les terribles  violences subies par les populations civiles, pillages, rapts, viols, exécutions, incendies d’églises et de villages par des mercenaires des deux côtés. En 1645, en Artois « plus de la mitan des hommes étaient morts par la guerre et contagion. On ne voyoit que des loups ». Ce témoignage exceptionnel introduit, transcrit et annoté par le professeur Alain Lottin et doté d’un volumineux index est paru en mai 2017. En 2010, la Commission royale d’Histoire de Belgique a publié la chronique intégrale de P.I. Chavatte, ouvrier lillois au temps de Louis XIV, ouvrage qui en 2011 obtint la médaille de vermeil de l’Académie française.

Alain Lottin, docteur en Histoire, a été président de l’Université de Lille III de 1986 à 1991 puis de l’Université d’Artois de 1996 à 2000.